Internet est aujourd’hui notre principal accès à l’information et les réseaux sociaux nous permettent de communiquer librement mais s’imposent également comme sources d’informations. Si le système bénéficiait encore récemment d’une forme de neutralité (désignée sous le nom de Neutralité du Net et qui consistait à exiger des fournisseurs l’égalité de traitement de tous les flux de données sur internet), le gouvernement des États-Unis a récemment voté pour abroger ce principe, et il n’est pas le seul. Ainsi, à l’instar de Donald Trump, le Portugal autorise actuellement le principe de non-neutralité du fournisseur, permettant par exemple à l’un de ses opérateurs de proposer un tarif plus cher à ses usagers souhaitant visionner des vidéos en streaming, ou un forfait différent pour avoir accès aux réseaux sociaux. Une décision qui pourrait même affecter les marchés.

La Neutralité du Net, qu’est-ce que c’est ?

Principe fondateur d’Internet mis en place en 2003 par le juriste américain Tim Wu et protégé par le président Obama, le concept de Neutralité du Net interdit aux fournisseurs d’accès de pratiquer toute forme de discrimination à l’égard de la source d’une page internet. Autrement dit, les opérateurs n’ont pas le droit d’accorder plus ou moins de bande passante à un site ou à un autre sur la base d’accords commerciaux, l’objectif ultime étant de protéger la liberté d’expression, les petites entreprises et les consommateurs d’une sorte d’internet à deux vitesses, où tous les coups sont permis.

Quel est l’avis de l’Union Européenne et du reste du monde sur la neutralité du Net ?

L’enjeu est avant tout démocratique. Comme l’a déclaré la société de vidéos en streaming Netflix sur Twitter, la « neutralité du net a mené à l’ère de l’innovation, de la créativité et de la mobilisation civique. […] Netflix soutient les innovateurs de toutes tailles et s’oppose à cette décision mal avisée de la Commission Fédérale des Communications (FCC). » Traduction : sans la neutralité du net, les start-ups, nouvelles publications et PME de ce monde n’auront aucune chance de se faire une place sur les marchés si elles n’ont pas les ressources nécessaires.

Bien que la France d’Emmanuel Macron et l’Allemagne d’Angela Merkel semblent parfaitement équipées pour mener leurs propres campagnes en faveur de la liberté d’expression et de la neutralité du net, et que l’Union Européenne n’envisage actuellement pas de soutenir la décision de Trump, il reste probable que l’abrogation de la loi sur la Net Neutrality ait un impact sur d’autres marchés européens, notamment dans ces nations qui considèrent l’Amérique comme une sorte de Dieu-leader.

L’Inde, elle, a déjà pris position en interdisant l’appli Facebook Basic, qui enfreignait le concept de neutralité en proposant, dans certains pays sous-développés, un accès certes gratuit à certains services dont le choix était contrôlé par le réseau social.

La décision des États-Unis aura-t-elle un impact sur le reste du monde ?

Il n’est pas exclu qu’un service devenu plus cher aux États-Unis se voit forcé à augmenter ses tarifs dans le reste du monde. De plus, certains marchés financiers pourraient être impactés, tels que Facebook, Twitter ou Amazon. Et de manière générale, les investissements en bourse sur les plateformes gratuites comme ProRealTime peuvent être affectés sans un accès illimité et instantané aux cours et analyses des marchés. Se pose également la question de la liberté d’expression et d’accès à l’information qui pourraient être compromis par cette partialité.

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